Les meilleures sources gratuites d’informations et d’actualités sur l’Inde

Il n’est guère évident de trouver des informations sur l’Inde et de s’informer de l’actualité indienne lorsque l’on vit en France, et plus généralement en dehors du sous-continent. Il ne sera pas question ici des infos générales sur l’Inde en particulier des grandes données sur le pays ou des conseils spécifiques pour les voyageurs. Vous pouvez retrouver tout cela sur le site du ministère des affaires étrangères notamment. Je vous propose des sources d’actualité à propos de ce qui se passe en Inde. Cet article est un extrait du guide L’Inde à Paris

Les sources en français

Le site du CIDIF

Le site du CIDIF

  • Le CIDIF (Centre d’Information et de Documentation de l’Inde Francophone)

C’est une pépite que j’ai découvert tout récemment, presque par hasard. Dans la rubrique actualités du site, on retrouve les principaux articles de la presse française consacrés à l’Inde. C’est une revue de presse extraordinaire car elle permet de lire en texte intégral les correspondants des journaux français comme Le Monde, Libération, Les Echos ou Le Figaro. Ce sont souvent des articles d’analyse sur l’actualité politique, économique et sociale de l’Inde. La plupart du temps, ils sont repris quelques heures après leur parution. On retrouve aussi les articles traduits de la presse indienne et publiés par Courrier International.

C’est donc un gain de temps considérable pour avoir un panorama complet des infos sur l’Inde disponibles dans la presse française. Pour être informé en temps réel des dernières actualités indiennes publiées, vous pouvez souscrire à la newsletter ou au flux RSS. De plus, si vous avez une recherche spécifique à faire, il est très facile de remonter dans les archives, puisque les articles restent disponibles en texte intégral. Une source d’infos sur l’Inde qui gagne donc à être connue même si la présentation sous forme de liste de titres peut paraître austère au début !

Un article de Julien Bouissou

Un article de Julien Bouissou

  • Les correspondants des journaux français

Correspondante du Figaro en Asie du Sud, basée à Delhi, depuis 2001, Marie-France Calle dispose d’un blog assez intéressant à suivre. Elle a aussi lancé en 2012 un site sur l’actualité régionale, Asiedusud.info. Contributrice régulière du Figaro, Christine Nayagam anime de son côté le site Actu Inde, avec des reportages et des témoignages très vivants.

Il est possible de retrouver les différents articles sur l’Inde de Julien Bouissou sur sa page du site Le Monde, mais il faut payer pour lire les textes en intégralité. Il en va de même pour les actualités du sous-continent indien écrites par Frédéric Bobin.

Correspondant en Inde pour le journal Les Échos, Patrick de Jacquelot reprend ses principales publications en texte intégral sur son site professionnel. Il publie également de très nombreuses photos.

Vanessa Dougnac, correspondante notamment du Point et de La Croix, dispose également de son propre site où on peut retrouver ses articles et des photos.

Ayant travaillé jusqu’à récemment pour Libération, RFI et l’Express, Pierre Prakash et ses anciens articles sont difficilement accessibles en dehors des formules d’abonnement.

theindianpapers

The Indian Papers

Se présentant comme le webzine de l’actualité du sous-continent indien, le site est animé depuis mars 2012 par Julien Lathus. Diplômé en histoire et spécialiste du monde indien, ce dernier souhaite pallier le manque d’informations en français sur l’Inde et ses voisins. On retrouve le dynamisme d’Aujourd’hui l’Inde à ses débuts avec notamment des éditos mensuels et une revue de presse thématique chaque semaine. A suivre !

Et aussi : INDES, un bimestriel qui aborde l’actualité politique, économique, sociale et culturelle du sous-continent. Certains articles sont disponibles gratuitement en ligne (merci à Christine Nayagam de l’avoir signalé !).

Les sources étrangères (en anglais)

The Economist

The Economist

Il faut naviguer dans la rubrique consacrée à l’Asie et chercher l’en-tête « Inde » en haut des articles. On peut faire des lectures intéressantes en matière de politique internationale et de politique intérieure. Parfois, il y a également des analyses très riches sur les évolutions économiques et sociales de l’Inde.

India Ink

India Ink

Le blog consacré à l’Inde du New York Times est alimenté en permanence, avec cinq nouveaux articles par jour environ. Outre la photo du jour, on retrouve des entretiens avec des personnalités indiennes souvent inconnues en Europe, mais aussi beaucoup d’articles d’actualité sur l’Inde et ses voisins. Une source d’information idéale lorsque le temps médiatique s’accélère autour de l’Inde comme en décembre dernier.

Les sources indiennes (en anglais)

Comme le Times of India, quotidien de référence, est payant pour son édition pdf en ligne (3$ par mois, 20$ par an), je privilégie deux autres sources.

The Indian Express

The Indian Express

La version électronique de l’édition papier est gratuite et très agréable à lire, il suffit de choisir son édition locale de préférence parmi différentes villes indiennes. Certains articles d’opinion sont très intéressants et mettent en avant des thèmes assez peu traités ailleurs.

The Hindustan Times

Hindustan Times

L’édition électronique gratuite consacrée à Delhi fait une large place aux problèmes qui se posent dans la capitale indienne. Depuis décembre, le journal, comme d’autres titres de la presse indienne, se veut encore plus combatif dans la lutte contre la corruption et la dénonciation des violences faites aux femmes. Les infographies des premières pages sont toujours très riches en enseignements. Le reste des rubriques est à l’avenant, avec peu d’analyses sur ce qui se passe dans le monde, pas mal de cricket et de people. Les annonces matrimoniales du dimanche sont une lecture à tenter.

Et aussi :

  • Tehelka, spécialisé dans le journalisme d’investigation et connu pour son traitement militant des problèmes de société. Les articles sont disponibles en intégralité en ligne comme le signale Elise.
  • The Hindu, très lu dans le sud de l’Inde et recommandé par Gilles. L’accès à la version électronique du journal est payante, mais le site propose de nombreux articles de fond en libre accès. Le groupe édite également Frontline, un bimensuel d’analyse réputé, apprécié par Gabriel.
  • Kafila.org, autre conseil de Gilles, un blog collectif où les auteurs donnent leur opinion sur les débats qui animent l’actualité indienne. Leur but est de s’affirmer par la critique sans concession de la classe politique et des groupes média établis.

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Les bonnes adresses du quartier indien à Paris

Découvrir les meilleures adresses du quartier indien à Paris, les meilleurs restaurants indiens, les magasins incontournables pour acheter des DVD Bollywood, trouver des saris et des vêtements indiens voire des produits issus de l’artisanat indien… Aucune proposition ne pouvait m’enthousiasmer davantage !

Je vous propose quelques idées pour un parcours à la découverte du quartier indien de Paris, entre La Chapelle et le Passage Brady.

La sélection des internautes

Pour une réservation rapide, une faim de loup ou une envie soudaine de restaurant indien à Paris, voici avant de commencer les adresses les mieux notées par la communauté, cliquez sur le restaurant indien qui vous intéresse pour avoir tous les détails et réserver directement en ligne :

Maintenant que les plus impatients sont rassasiés, entrons dans le vif du sujet avec nos adresses préférées tirées des guides L’Inde à Paris et Les meilleurs restaurants asiatiques à Paris. Ceux qui sont intéressés par l’Inde liront aussi avec plaisir Adelma, essai sur l’Inde.

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Une précision s’impose d’emblée pour ceux qui s’agacent d’entendre parler d’un « quartier indien de Paris » : c’est bien tout le sous-continent indien qui est représenté, avec le Sri Lanka, le Pakistan, le Népal et le Bangladesh.

Les Tamouls du Sri Lanka sont majoritaires autour de La Chapelle, on parle de « Little Jaffna » (2e ville du Sri Lanka). La communauté Sri Lankaise compte aujourd’hui en France de 40 000 à 50 000 personnes. Dans les années 70, la Grande-Bretagne ferme ses frontières aux immigrants. Les Sri Lankais tentent donc leur chance en France, devant la guerre civile que connaît leur pays à partir de 1984. Ils ont contribué à rendre visible une diaspora issue du sous-continent indien très hétérogène, où l’on trouve notamment 20 à 30 000 personnes originaires de Pondichéry et 60 000 Mauriciens.

L’inspiration est davantage indo-pakistanaise pour le passage Brady, parfois surnommé « Little Islamabad ». Les Sikhs fuient l’insécurité du Pendjab dans les années 80. Faute de pouvoir aller en Grande-Bretagne, ils arrivent sans papiers en France. Certains obtiennent l’asile politique à partir de 1984 en se prétendant militants khalistanis (partisans de la sécession du Pendjab). Ils sont environ 10 000. A côté, 50 000 personnes originaires du Pakistan sont venues en France pour des raisons économiques.

Gopal n Co supermarché

Gopal n Co supermarché

- Gopal n Co Supermarché – 72 Rue Louis Blanc, 75010 Paris (métro La Chapelle)

Le point de rendez-vous est donné devant G & Co, une des épiceries spécialisées dans les produits du sous-continent indien, située à l’angle de boulevard de la Chapelle et de la rue Louis Blanc.

Deux guides font la visite en alternance. L’un est Indien, l’autre a eu l’occasion de voyager en Inde. Le premier contact est chaleureux, nous avons affaire à un passionné.

Le Temple de Ganesh à Paris

Le Temple de Ganesh à Paris

- Temple de Ganesh (Sri Manicka Vinayakar Alayam Paris) – 17 Rue Pajol, 75018 Paris

On passe devant l’entrée du métro la Chapelle et sous les voies du métro. On contourne le square et on se retrouve devant une porte relativement anonyme. Seule la présence d’étagères pour déposer ses chaussures indique que l’on s’apprête à rentrer dans un temple hindou. Le local a été trouvé en 2008 par l’association Sri Manicka. Le temple a été officiellement ouvert en avril 2010.

Malgré la petitesse des lieux, l’atmosphère permet de s’imaginer quelque part dans le sud de l’Inde. Les Brahmanes envoyés en France pour des missions de deux ans veillent sur les lieux. Deux cérémonies sont organisées par jour, l’une le matin et l’autre le soir.

Le guide explique la signification des offrandes (noix de coco et banane) et évoque les grands épisodes mythologiques de la religion hindoue. Il nous détaille les différents rituels, notamment autour des statues représentant les neuf planètes. Vous pouvez retrouver des photos légendées des statues du temple sur le site de l’association. Je préfère ne pas mettre de photos pour préserver l’effet de surprise !

On termine avec une invitation à aller assister à la procession annuelle consacrée à Ganesh dans le quartier de la Chapelle, entre fin août et début septembre. L’une des rares occasions de voir la communauté du sous-continent indien installée en France se manifester. Nous revenons ensuite vers la rue du faubourg Saint-Denis.

Muniyandi Vilas

Muniyandi Vilas

- Muniyandi Vilas – 207 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

Le cuisinier du traiteur indien Muniyandi Vilas prépare face à la rue des parotta, pains typiques du sud de l’Inde, pour le plus grand plaisir des yeux. Le guide évoque la manière dont la cuisine indienne a été adaptée au goût occidental, avec le recours à la crème pour adoucir les plats. En voyant le cuisinier utiliser du fromage fondu, le débat est lancé sur l’origine du naan au fromage, dont Londres et Paris se disputent la paternité. Tout semble s’être joué autour des années 80.

Saris indiens

Saris indiens

- Little India, Nairsaab, Indian Designs, etc. et Mohan Jewellery Mart – 201 et suivants Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

Nous admirons les vitrines de saris et de vêtements indiens. Le guide fournit quelques explications sur la signification sociale de l’habit chez les femmes indiennes.

Nous nous arrêtons devant la vitrine d’un joaillier. Plusieurs travaux d’universitaires sur le quartier indien de Paris ont montré une forme de ritualisation de la culture tamoule : les bijoux comme les vêtements ne font plus partie de l’espace quotidien. Ils sont utilisés pour les fêtes et les mariages uniquement. Selon Graham Jones, il faut voir dans ces magasins de vêtements et de bijoux une mise en scène d’une culture de plus en plus lointaine, en particulier pour les Français issus de la communauté tamoule.

Le quartier de la Chapelle n’est pas un endroit où les Tamouls vivent. À mesure que les célibataires se sont mariés et ont fondé des familles, ils se sont installés au Nord et au Nord-Est de Paris.

Jasmin

Jasmin

- Hibiscus Fleurs – 2 Rue Perdonnet, 75010 Paris

Nous traversons la rue pour aller chez le fleuriste. Il nous explique qu’il est le seul à pouvoir fournir des « maalais », ces guirlandes de fleurs fraîches pour les célébrations et rituels. Cela sent le jasmin. Le fleuriste fait confectionner les guirlandes dans les Émirats arabes unis. Il faut 35 personnes pour réaliser cette tâche. Le tout est expédié par avion une fois par semaine entre le Qatar et Paris. Les clients viennent de toute l’Europe voire des États-Unis.

- Beauty Queen – 195 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

En passant devant un institut de beauté, le guide évoque les vertus de l’épilation au fil, propre à l’Inde, l’Iran ou la Turquie.

Pâtisseries indiennes

Pâtisseries indiennes

- Ganesha Sweets – 191 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

Nous nous arrêtons pour une dégustation de biscuits apéritifs plus ou moins piquants, à base de cumin notamment. Les pâtisseries sont très appétissantes également.

- Saravanaa Bhavan – 170 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris (métro Gare du Nord)

On passe devant l’un des meilleurs restaurants indiens végétariens de Paris, le Saravanaa Bhavan, ouvert 7 jours sur 7 et sans interruption de 11h à 23h. Pour une première découverte, on peut prendre l’assortiment du Nord ou l’assortiment du Sud (12 € et 15 €).

- Krishna Bhavan - 24 Rue Cail, 75010 Paris

Autre restaurant indien végétarien incontournable, dans une rue perpendiculaire à la rue du Faubourg Saint-Denis, le Krishna Bhavan offre des plats excellents et copieux, à des prix imbattables, comme le rappelle Daphné.

- VT Cash & Carry – 11 Rue Cail, 75010 Paris

Puisque nous évoquons la Rue Cail, j’en profite pour mentionner cette épicerie de référence, en particulier pour les amoureux de cuisine indienne. Commencez par là quand vous cherchez quelque chose pour une recette ! C’est ici aussi que l’on peut trouver des poudres de couleurs gulal durant la période de Holi ou des parfums sans alcool attar/ittar.

- Bollywood Univers – 96 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

En entamant une marche d’une vingtaine de minutes pour atteindre le passage Brady, on s’arrête devant un magasin qui présente des instruments de musique indiens et une boutique de DVD Bollywood. Pour être conseillé sur les films indiens à découvrir, Bollywood Univers semble être tout indiqué. Vous pouvez aussi lire la sélection de Daphné, pour les films Bollywood récents et les films indiens classiques.

Epices indiennes

Epices indiennes

- Epicerie Velan – 83/87 Passage Brady, 75010 Paris (métro Château d’Eau, l’entrée du passage Brady se situe au 33 Boulevard de Strasbourg ou au 48 Rue du Faubourg Saint-Denis)

En 1970, M. Ponnoussamy, originaire de Pondichéry, ouvre un restaurant indien dans le Passage Brady. Le succès lui permet d’ouvrir d’autres boutiques, il est rejoint par d’autres entrepreneurs indo-pakistanais. Emporté par cette évocation, le guide manque l’entrée du passage Brady. Nous revenons sur nos pas pour pénétrer dans l’épicerie Velan, où l’on trouve tous les produits nécessaires, notamment les épices, pour cuisiner indien. Le guide nous abandonne à la découverte des rayons. Merci à lui pour cette promenade !

Les visites du quartier indien, mais aussi des autres quartiers asiatiques de la capitale, sont organisées sur demande par Paris asiatique. Cela dure 1h45 environ et les prix sont dégressifs. Il suffit de contacter Joachim si vous êtes intéressé

Sachez que nous avons regroupé tous nos conseils dans L’Inde à Paris et Les meilleurs restaurants asiatiques à Paris. Ceux qui sont intéressés par l’Inde liront aussi avec plaisir Adelma, essai sur l’Inde.

Inde à Paris

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Indigo – Catherine Cusset (Critique)

Dans Indigo, Catherine Cusset décrit le voyage en Inde de trois intellectuels à l’occasion d’un festival culturel organisé par la France, Bonjour India. Après deux jours à Delhi, on retrouve les personnages à Kovalam, dans le sud de l’Inde.

Née en 1963, auteur récompensée pour Le problème avec Jane et La Haine de la famille, Catherine Cusset a réellement découvert l’Inde à l’occasion du festival Bonjour India, organisé pour la première fois en 2009 et dont la seconde édition se déroule depuis l’automne 2012. La romancière s’est servie de ce voyage de quinze jours et d’un second séjour en Inde par la suite comme canevas pour son huis clos.

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Après les attentats de Bombay en novembre 2008, Catherine Cusset évoque une « Inde sur le qui-vive » :

« Au Méridien de Delhi où ils étaient logés, un garde inspectait avec une machine le dessous des voitures avant d’ouvrir la barrière ; les clients devaient soumettre leurs bagages à une inspection aux rayons X et passer sous un portique détecteur de métal ».

Les voix de trois personnages se succèdent. Charlotte, cinéaste qui vit à New York, part pour la première fois depuis dix ans en voyage sans son mari et ses deux enfants. Elle est invitée pour présenter un documentaire qui transpose la vie de sa meilleure amie. Cette dernière s’est suicidée six mois plus tôt. Charlotte est encore en plein deuil. Elle est hantée par les apparitions de la disparue. Surtout, Charlotte se découvre invisible. Elle aimerait être regardée des autres intellectuels de la délégation française. Tellement invisible qu’elle transfère cette impression sur le pays qu’elle découvre pour la première fois :

« De l’Inde elle avait vu pour l’instant un hôtel de luxe, des bâtiments universitaires, une ambassade, une place ronde poussiéreuse, un musée décati dont elle n’avait rien retenu sinon que l’histoire de l’Inde remontait à des temps très anciens, et la Grande Mosquée qu’ils venaient de visiter.

    L’Inde était invisible. Elle était invisible. »

Le deuxième personnage est Roland, sexagénaire accompagné d’une jeune compagne italienne, Renata. Il est intéressant pour deux raisons. D’une part, il revient dans un pays qu’il connaît bien : « En dix-sept ans l’Inde s’était modernisée, l’aéroport était tout neuf, mais le temps et le sommeil y restaient sans valeur ». Quelques mois plus tôt, il a renoué contact, via Facebook, avec Srikala, l’Indienne qu’il avait profondément aimée trente ans plus tôt. Roland est mis devant ses contradictions en découvrant pourquoi cette femme avait décidé de rompre. Dans le même temps, il apprend que sa nouvelle compagne est enceinte. Grand séducteur, il est à l’affût du moindre regard dès l’aéroport, s’entiche d’une « suédoise de Malmö » qui se révèle être une tueuse du Mossad (!).

D’autre part, au-delà des intrigues amoureuses, Roland incarne la figure de l’intellectuel français en voyage. Il se complaît dans un idéal passé, celui d’une France influente grâce à ses écrivains, qui n’en finit plus de s’imaginer guidant le monde :

« Il avait intitulé sa conférence : « Comment peut-on être français ? » et repris de vieilles idées sur le rôle de la France depuis les Lumières, sur la francophonie, le rapport hégélien entre colonisateur et colonisé, et les contradictions d’une nation prise entre arrogance et culpabilité, dont les élites avaient du mal à comprendre que le contenu du mot « français » s’était modifié avec l’immigration. Des gens entraient dans la bibliothèque, s’asseyaient, et ne repartaient pas. Quand Roland cessa de parler, à midi, les chaises étaient toutes occupées. En France, il ne se déplaçait plus pour des rencontres avec une poignée d’auditeurs, mais il était plaisant de constater qu’il avait encore le pouvoir de passionner des gens qui n’avaient jamais entendu son nom. »

Le troisième personnage à prendre la parole est la directrice de l’Alliance française, Géraldine. Elle est mariée avec un Indien de confession musulmane et mère d’un enfant de dix mois. Elle se retrouve face à Raphaël, écrivain torturé, son amour de jeunesse.

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Si les (trop) nombreux rebondissements de l’intrigue tendent à faire du récit une exploration uniquement centrée sur des intellectuels décrits sans aucune complaisance, on apprécie en revanche de retrouver indirectement évoqué ce qui fait la joie du travail dans les Alliances françaises.

Les caprices des uns et des autres, les égos d’artistes à ménager, l’art d’organiser des événements avec des budgets en diminution… Ce sont souvent des personnes dévouées qui accueillent et prennent en charge les artistes durant leur séjour. Il est heureux que Catherine Cusset rende hommage à ce travail au travers d’anecdotes : le consul sollicité pour apporter une veste à l’aéroport, une négociation qui s’éternise autour d’un pashmînâ qui se révèle être un shatoosh interdit à la vente et hors de prix, etc.

Hélas, Catherine Cusset peine à faire ressentir l’Inde. Elle dit avoir été saisie par l’angoisse au moment d’y aller : peur de la pauvreté, peur de tomber malade. On retrouve cette vision initiale dans les mots de ses personnages :

« - Tu es content de ton séjour en Inde?

- Je suis content de rentrer. Il fait trop chaud, c’est sale. Je n’aime pas voyager.

La réponse n’était guère courtoise, mais le ton restait amical.

- Rien ne t’a plu vraiment?

- Ce n’est pas ça. C’est cette misère. ça me donne l’impression d’être un voyeur. Je trouve ça obscène »

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Au micro de Colette Fellous, Catherine Cusset décrit bien comment ses préjugés de départ sont tombés : « J’ai été stupéfaite par la facilité de voyager en Inde, l’extrême gentillesse et la courtoisie des Indiens. »

Elle explique aussi qu’elle a écrit ce récit faute d’avoir été autorisée, sans doute par ses proches, à faire paraître un récit de deuil beaucoup plus personnel. Elle avoue ensuite avoir envisagé de faire un « roman terroriste » qui se serait passé en Inde… Par rapport à l’actualité récente du pays, on pourra regretter qu’une allusion malheureuse à un viol collectif faite sous la colère par le personnage de Roland n’ait pas été biffée (p. 272).

Le personnage qui ressemble le plus à Catherine Cusset, Charlotte, souligne l’impossibilité de dire l’Inde : « Au Fort Rouge elle ne vit rien de plus, sinon des touristes indiennes qui, telle une nuée d’oiseaux exotiques, illuminaient les lieux de leurs saris de toutes les couleurs ». Il reste que ce roman s’adresse à un large public (40 000 exemplaires tirés) et c’est une chose remarquable qu’il mette en valeur l’action culturelle de la France en Inde. Catherine Cusset n’oublie pas ainsi de mentionner les personnels de l’Ambassade et de l’Alliance de Trivandrum dans ses remerciements.

Indigo de Catherine Cusset, Gallimard, 308 pages, 19,90 euros. Parution : 10 janvier 2013.

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Inde à Paris

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Comment rencontrer des personnes intéressées par l’Inde à Paris ?

D’un riche mariage avec un prince hindou rencontré à la kermesse* ! Euro-India Entrepreneurs Happy Hours, Paris India Connections, Café Lire l’Inde… Depuis quelques mois, les possibilités de rencontrer des personnes intéressées par l’Inde se multiplient à Paris. Le plus remarquable est que ce sont le plus souvent des Indiens expatriés en France qui sont derrière ces événements. De fait, leurs initiatives vont bien au-delà des événements organisés par les institutions en place et plus ou moins actives (Maison de l’Inde et Ambassade de l’Inde en France, conférences du Musée du Quai Branly, événements organisés par les Comptoirs de l’Inde, etc.). Cet article est un extrait du guide L’Inde à Paris

Entrepreneuriat

-          Euro-India Entrepreneurs Happy Hours

Lancée en janvier 2013 par l’Euro-India Economic and Business Group (EIEBG) de Paris, cette réunion mensuelle est née à l’initiative de Nagapraveen, un consultant indien qui travaille en France chez Accenture. Chaque troisième mercredi du mois, rendez-vous est donné dans un restaurant parisien.

Les plus

Au-delà des nombreux consultants en externalisation et en informatique présents, on retrouve l’éclectisme qui fait la richesse de la communauté franco-indienne : Indiens installés en France, anciens expatriés en Inde, couples franco-indiens (souvent venus par moitié), vieux routards des années 60 et 70, étudiants revenant d’un échange, entrepreneurs ayant des intérêts en Inde, etc. Les conversations sont donc beaucoup plus variées que dans les apéro-entrepreneurs traditionnels.

Les moins

L’entrée est payante (10€) pour une boisson et un samossa. Le lieu choisi était trop petit et les serveurs avaient tendance à vous bousculer, car la partie restaurant continuait de fonctionner. Comme dans tout événement de ce type, on retrouve des collectionneurs de cartes de visite, qui n’ont que cet objectif et ne prennent guère le temps de faire connaissance.

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Culture

-          Paris India Connections

Vivant depuis trois ans en France, Abhinav a lancé ce groupe Meetup durant l’été 2012, organisant à Paris un pique-nique à l’occasion du jour de l’indépendance indienne (15 août). Le groupe propose des événements variés, allant du concert au spectacle de danse en passant par des dîners indiens chez l’habitant.

Les plus

Avec plus de 300 membres, le groupe permet de rencontrer des personnes de divers horizons. Les événements sont très nombreux. Les gens rencontrés sont des mordus de l’Inde et ont tous plus ou moins développé certaines marottes (hindi, danse, cinéphilie). Surtout, il est possible de rencontrer des étudiants indiens en échange, alors qu’ils ont souvent tendance à mener une vie studieuse lors de leur passage en France (essentiellement en raison de contraintes financières).

Les moins

Comme dans les autres Meetup à caractère culturel, les célibataires sont nombreux. Au-delà du nombre important de membres, quelques-uns sont présents à tous les événements. On pourra aussi regretter le caractère commercial de certains événements proposés et leur intérêt inégal sur le plan culturel.

-          Café Lire l’Inde

Depuis le printemps 2012, un café littéraire mensuel est organisé au restaurant Best of India, juste à côté de la Gare du Nord. Un thème permet de faire venir un auteur ou d’évoquer plusieurs livres écrits par des romanciers indiens ou d’origine indienne. Aliette Armel, romancière et critique, ainsi que Gilles Guillot, guide touristique, commentent les livres.

Les plus

Les personnes qui viennent assister au café littéraire ont pour certaines une grande connaissance de la littérature indienne. Aliette Armel a un jugement très sûr à propos des ouvrages qu’elle évoque. Ayant découvert Pondichéry à l’occasion d’une résidence pour écrire un livre, elle joue avec bonheur d’une fausse candeur pour mettre en valeur les connaissances de Gilles Guillot sur l’Inde.

Les moins

La moyenne d’âge de l’assistance peut décourager. Gilles Guillot a tendance à étaler ses connaissances générales sur l’Inde, au détriment des livres au programme.

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* C’est une citation d’Henri Calet, dans Le Tout sur le tout (1948)

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